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AGIR Depuis son début de saison il y a un mois, La Sablière se transforme en véritable ruche. De travaux de remise en état en débats, l’activité y est intense.

acces-originel-sablierePetite touche par petite touche, à la manière des peintres impressionnistes, le hameau de La Sablière retrouve son visage d’antan. Ainsi, l’entrée originelle de la partie haute du hameau, par le chemin qui le relie au Rozier, a été restaurée, le traditionnel rang de cyprès accueillant les marcheurs. L’escalier donnant accès au village est maintenant achevé, une partie des marches réalisées en pierre, l’autre en rondins de bois dur.

Comme le faisaient les anciens occupants, il y a plusieurs siècles, des parcelles sont petit à petit remises en culture. Les terrasses sont maintenues soit par des rondins de bois, soit par la construction d’un plessis de retenue, un entrelacement de végétaux évitant à la terre arable d’être emmenée par les pluies de ruissellement. Pour l’enrichissement du sol, aucun produit chimique  : les travaux de débroussaillage de l’année dernière ont produit suffisamment de matière qui, une fois déchiquetée et compostée par le temps, ont permis l’amendement du terrain selon la méthode mise au point dans les années 60 par Jean Pain, un acteur majeur de la valorisation des déchets végétaux. Vincent, spécialiste de l’agriculture traditionnelle, est venu partager son savoir, permettant à tous, même aux plus jeunes, de s’initier au maraîchage 100% naturel.

Après l’effort le réconfort. Une nouvelle terrasse dédiée à la détente, la lecture, la peinture et le dessin a été restaurée. Les mercredis après-midi, les plus jeunes peuvent venir y donner libre-court à leur imagination. En prévision des chaudes journées d’été, un pédiluve, petit bassin initialement destiné à rafraîchir les pieds, est même en construction. Agrémenté d’un système de brumisation, il devrait ravir les occupants de passage après une journée de travail, leur permettant de s’abriter du soleil sous un dôme en plessis. Réalisé en pierre, il aura été l’occasion de découvrir cette technique de construction durant plusieurs week-ends sous les conseils de Thibault, tailleur de pierre dans la région de St-Affrique.

Dans les prochaines semaines, c’est un petit pont de bois, réalisé en peuplier italien, qui enjambera la source qui alimente le hameau. Il sera la dernière étape de l’arboretum qui recense les différentes essences de bois présentes sur le domaine. Chaque dimanche, le public peut venir faire connaissance avec une végétation omniprésente dans la région mais dont bien peu de personnes sont aujourd’hui à même de différencier les différentes espèces. L’arboretum de La Sablière a une particularité. Chaque arbre a reçu un nom de baptême. Une fiche remise au visiteur lui permet, au terme de ce petit jeu, de retrouver la variété précise.

Ce vendredi sera projeté vers 21h, le film de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre, Le syndrome du Titanic. «  Ce film est davantage un appel à la raison et un acte politique qu’un documentaire sur la crise écologique. D’ailleurs, la « belle nature sauvage » est la grande absente…  » dit de ce documentaire Nicolas Hulot.

Vendredi 13 mai, la traditionnelle soirée projection débat restera dans le thème de la culture écologique. Jacques Dupety, pépiniériste qui s’est fait connaître pour ses travaux autour du BRF (bois raméal fragmenté) viendra parler de la possibilité de remplacer avantageusement les engrais chimiques par cette technique.

Exceptionnellement, La Sablière fera relâche samedi et dimanche 14 et 15 mai. Les activités de chantiers participatifs du samedi et les visites du hameau et de l’arboretum du dimanche reprendront dès le week-end suivant.

Eric Trannois
Le Journal de Millau du 5 mai 2016

La Sablière  : apprendre à vivre autrement