L’association Essentielle, Virginie Caumes et Alexandre Nédic organisent une soirée lecture vendredi 14 octobre dès 18h.

vasily-grossman-2

Il fut un temps où les habitants de nos campagnes se réunissaient le soir pour raconter ou écouter des histoires. Une tradition que l’association qui occupe La Sablière voudrait faire revivre. Après Chateaubriand il y a quelques mois, c’est un écrivain russe, Vassili Grossman, qui reprendra vie ce vendredi.

«  Nous avons choisi de vous présenter un extrait du roman “Vie et destin” de l’écrivain russe Vassili Grossman : “Les carnets d’Ikonnikov, sont la quintessence de cette autre face d’une culture composite : poésie, résistance et spiritualité du peuple russe  » nous annoncent les interprètes.

Comme tous les grands romans, “Vie et destin” est un monde aux aspects multiples : le récit de guerre y côtoie une réflexion profonde sur la société russe,la vie des hommes et sa destruction par le totalitarisme.

Son auteur, juif russe né en 1905, fut pendant longtemps un écrivain et un journaliste communiste travaillant au service de l’armée rouge, reporter de guerre, d’une orthodoxie absolue.

Il suivit l’Armée rouge jusqu’à Treblinka, où fumaient encore les cendres des victimes du génocide nazi. Mais lorsqu’il entreprend, en 1952, cette fresque consacrée à la bataille de Stalingrad, Vassili Grossman n’est plus le même homme. Il a assisté au déchaînement de l’antisémitisme dans son propre pays, entendu les procès, analysé le stalinisme.

Frappé par la convergence de deux systèmes politiques opposés qui aboutissent à créer des camps de concentration, il décide de repenser l’histoire du siècle après avoir contemplé les deux côtés de l’enfer.

Saisi par le KGB, disparu pendant vingt ans, ce livre n’a survécu que par miracle. Salué comme le « Guerre et paix » du XXe siècle, ce chef-d’œuvre est une épopée de la survie humaine et le premier grand cri de délivrance russe. Il est révélé pour la première fois par les éditions l’âge d’homme dans les années 80 en Europe.

Une soirée débat discussion autour de l’auteur, de ses écrits et de la thématique « a-t-on le droit d’emprisonner des idées ?« , sera proposé autour d’un verre. Une restauration sur place est possible.

Vendredi 14 octobre au hameau de La Sablière. Rendez-vous à partir de 18h à l’embarcadère.

Eric Trannois
Le Journal de Millau du 11 octobre 2016

Soirée lecture au coin du feu